dimanche 1 juin 2008

Tired genius


Le vent chuchote des monologues dans l'embrasure des portes mangées de pourriture;
Des fantômes de flammes, cachées dans l'âtre éteint depuis des années, réchauffent des invités absents;
Quel fracas : c'est la falaise qui, grignotée par les assauts des marées, laisse tomber une tranche de passé.

Les branches effeuillées du chêne menacent la nuit
Plus personne ne s'aventure dans ce parc, hier enchanteur
Trop de crimes ont souillé ses allées : le gardien y piquait les feuilles sans défense...
Il reste encore des traces ensanglantées sur la margelle du faux puits.

Ça grince dans les glènes.
Essaie de revivre si tu le peux,
Semble dire la pierre tombale au squelette.

Des lierres rébarbatifs pendent en désordre de tous les fils électriques du hameau
Des halots, jadis si populaires, ne se traînent plus que quelques escargots défraîchis.
Il pleut, un orage se prépare, des zébrures orangées décorent le ciel dans le lointain, comme des rubans

C'est l'anniversaire
L'écume porte des toasts
Et le vieil if, consentant, dodeline du chef

Le premier bouchon saute
L'if trébuche et s'affale sur l'éboulis,
ivre mort

La fête terminée
les rats grignotent les restes.


© Fredesk, 30 janvier 1994 (enfin retrouvé dans mes paperasses)

Aucun commentaire: